Aucun autre choix – Park Chan-wook

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Banlieue de Corée du Sud – de nos jours.

Yoo Man-soo, interprété par Lee Byung-hun (l’organisateur des Squid Games), la cinquantaine, vit une vie paisible et presque parfaite avec sa femme, ses deux enfants et ses deux chiens.

Fier de sa maison, ayant la santé et la main verte, les premières scènes démontrent un bonheur quasi total. Il grille une anguille, reçue des nouveaux patrons américains qui viennent de racheter l’usine à papier où il travaille depuis 25 ans. 

Ce bonheur est tel qu’il se permet d’interrompre le repas familial pour danser avec sa femme, et invite les enfants à un câlin collectif. Tout cela pendant que la viande refroidit.

Malheureusement, Man-soo ne se doute pas qu’il s’agit là d’un des derniers moments d’unisson. Les lendemains de fêtes sont durs, lundi arrive et il se doit de tenir tête aux patrons et les convaincre de reconsidérer une restructuration.

Ce qu’il apprend lorsque la berline des Américains disparaît, c’est que l’anguille reçue était un marqueur, il fait partie des travailleurs remerciés.

Tout est alors remis en cause, les deux chiens, l’abo Netflix, les leçons de tennis de sa femme, la deuxième voiture. On gardera quand même les leçons de violoncelle de la petite, qui d’après ses professeurs est une génie en devenir, un léger doute plane dans la tête de son père, car les parents n’ont jamais eu la chance de l’écouter.

Et puis il y a la maison – comment maintenir un tel domaine, une maison à 3 étages en banlieue?

Man-soo commence alors une quête compliquée à son âge, se recaser. Borné comme il est, ça ne peut être que pour une autre entreprise du secteur des pâtes et papiers.

Les déconvenues sont rapides, et humiliantes. Mais le spectre de perdre la maison est plus fort que tout. Il se rend rapidement compte que la compétition risquera d’être féroce, il ne fût pas le seul remercié, il faudra donc entrer en compétition avec entre 4 et 10 profils, d’après son estimation.

Pour ce faire, il met en place un plan ingénieux et diabolique – il invente une entreprise dans le secteur des pâtes et papiers, et distribue des magazines homonymes aux anciens collègues avec qui il estime être en compétition sur le marché du travail.

Cette récolte de CVs pour sa fausse entreprise lui permet ensuite de se mesurer à la compétition et de se comparer à eux. Il n’y aurait qu’entre 2 et 4 profils égaux ou supérieurs à lui.

Que faire maintenant? Les éliminer, pardi!

Le film prend alors une tournure plus sombre, déjà teinté de satire, de moments tragico-comiques, le voilà qui prend du galon comme film de filiature.

Moment critique

Lee Byung-hun parvient à tenir la baraque, le reste du casting étant plus sobre et parfois un peu fade (sauf Yeom Hye-ran qui tient son rang).

Le réalisateur nous offre des transitions chromatiques pour commencer, puis s’égare avec des transitions à tout va, entre fondus enchaînés, fondus inverses et split-screen. À en oublier presque de maintenir un dynamisme suffisant, malgré plusieurs moments de tension, il gâche et fait traîner sur 2h20 une histoire au scénario pourtant original et intéressant.

Notre note:

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